Qu’est-ce que le buzzer? UVB 76, une radio à ondes courtes qui émet depuis la Russie. Un bourdonnement quasi continu depuis le début des années 1980 ou plus, entrecoupé de bips – environ vingt-cinq par minute – et parfois de messages, des suites de nombres, de noms, sans signification apparente. En l’espace de quelques années, le Buzzer comme il a été surnommé est devenu un objet de fascination pour toute une communauté, de Moscou à San Francisco en passant par le Japon et l’Europe. Comment cette cyber-popularité a-t-elle bien pu se diffuser? Le moment décisif: l’été 2010. Soudainement, la radio devient silence. Le Buzzer cesse, reprend, s’agite, s’éteint, plusieurs fois de suite. Le relais principal de ce succès s’appelle Andrus Aaslaid, ou Laid. Laid est Estonien, un informaticien de 37 ans, un amoureux de la diffusion radio. En juin 2010, il décide de retransmettre UVB 76 sur Internet. Andrus Aaslaid estime à 500 000 le nombre de curieux ayant déjà écouté la radio grâce à son site. Andrus précise n’avoir aucun lien avec UVB 76 et ajoute: «Si ses responsables se sentent violés par cette transmission, ils peuvent me contacter afin d’arranger cela.» Car le mystère reste entier. A qui peuvent bien s’adresser les messages et ce mystérieux bourdonnement?

Un bon nombre d’auditeurs penchent pour la version radio de nombres, censée servir lors d’opérations secrètes aux agents. Aucun gouvernement n’a jamais reconnu de telles pratiques mais elles auraient été très utilisées pendant la guerre froide, notamment par l’URSS pour correspondre de l’est du pays jusqu’à l’Ouest.
Autre version plébiscitée, une diffusion réservée aux troupes militaires russes, comme le défend Rimantas Pleikys, ancien ministre lituanien des Télécommunications et auteur d’un livre sur le brouillage des radios soviétiques.
Source : Slate